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L’été 2010 fut l’un des plus chaud au Martinet et au début du mois de juillet, les températures ont sûrement atteint des records. C’est durant cette période, avec un soleil brûlant d’une intensité presque insupportable, que les étudiants de Niveau 1 venant de toute l’Europe se sont rassemblés pour une semaine de pratique approfondie de yoga et une immersion totale dans les enseignements de Yogi Bhajan.
La pression était mise, c’était comme si la nature avait préparé le terrain pour le temps de la transformation intense. Les étudiants appliquèrent les enseignements à tout ce qu’ils faisaient ; la semaine, construite autour des concepts de la Sangat (la bonne compagnie), du Seva (le service désintéressé) et du Guru (l’intelligence de la Création) créa un environnement représentant à la fois une gageure et inspirant également un sentiment d’élévation.
Joshua Green d’Irlande a partagé son expériences et sa compréhension de la relation entre le yoga et le Dharma (sangat, seva et guru). Vous pouvez lire l' interview ci-dessous.
INTERVIEW DE JOSHUA GREEN
Les mois précédents le stage ont été une période assez intense afin d’intégrer la pratique du yoga dans ma vie et de réussir les défis fabriqués par mon sens de l’identité. Dans mon esprit, la semaine au Domaine du Martinet était la promesse d’une pause de ce conflit intérieur. Puis pendant la semaine, j’ai été mis au défi de manière totalement imprévue. L’expérience des extrêmes, qui devint partie intégrante de l’exploration de chaque élément m’a incitée à connaître mes limites.
J’ai pu constater que c’était un réel défi de se retrouver parmi 180 personnes alors que je manquais d’énergie sociale, parce que j’ai à la fois une fâcheuse tendance à me mettre la pression, à «m’engager » tout le temps et aussi parce que je trouve difficile d’accepter l’aide inconditionnelle des autres – aide qui afflue sans cesse.-
Après avoir enduré la profondeur de la lutte, inexplicable parfois survient alors de manière inattendue la capacité spontanée de répondre intuitivement aux situations inconnues. Cela m’a dévoilé que la guidance intervient lorsqu’on lâche prise. Il s’agit d’une guidance universelle à travers laquelle nous sommes tous des enseignants. Je me rends compte à présent d’une nouvelle sensibilité à la manière dont je suis touché par l’énergie des autres et celle de l’environnement. S’engager dans des dynamiques d’interactions moins superficielles et plus fondamentales rend plus aisé le fait de ne pas porter de jugement sur soi et sur les autres. Grâce au stage, j’ai acquis plus de courage pour demander ce que je sais être juste et pour devenir plus constant et plus présent dans ma vie.
Avant la semaine de stage, la sangat était une notion qui m’inspirait de la crainte car elle portait des connotations d’une communauté distincte susceptible de me manipuler et refaçonner mon identité, m’obligeant d’une manière ou d’une autre à rompre les liens avec mes amis. Maintenant je la vois dans toute sa beauté, formée volontairement et naturellement. Au Martinet et au Festival de Yoga, j’ai vu les limites imaginaires de l’individu – celles qui semblent rendre le soutien inconditionnel impossible- être surmontées grâce à l’intention collective, la sangat. J’ai ressenti que la sangat était extrêmement renforcée par le groupe de méditation car nous comprenions que chacun essaye de dépasser son propre ego et tente d’atteindre cette part d’éternelle. Il n’existe pas de hiérarchie ou de séparation. C’est ce qui m’a permis de dire et d’entendre les mots « je t’aime », sans aucun sous-entendu ou sentiment de possessivité.
Mon seva au Martinet était de nettoyer la Gurdwara. Ce qui a constitué un défi immédiat car je n’avais jamais suivi aucune pratique spirituelle incluant un lieu de culte. J’avais quelque doute quant à l’attitude de respect et de dévotion rattachée à des formes matérielles. C’était simplement en accomplissant mon devoir et en affrontant ma résistance que la valeur véritable de la tâche a commencée à se révéler. Le processus est un don du seva à partir du moment où il devient une méditation. Parfois je l’effectuais machinalement, mais petit à petit c’est devenu une occasion de méditer. Il m’est apparu plus évident alors que le nettoyage intérieur pouvait se produire à travers ce nettoyage extérieur.
Car à travers moi, le guru attend, toujours proche et accessible. Cela nécessite du courage d’y aller. Nous rencontrons le guru lorsque nous avançons vers l’inconnu sans crainte. Pendant un kriya de la semaine intensive, j’ai expérimentée la colère profondément contenue qui ne s’était jamais manifestée auparavant. Un des professeurs de l’ANS m’encourageait alors que j’étais incertain de tomber dans ses bras. Et là j’ai connu l’amour inconditionnel.
J’ai été capable de purifier et de transformer une énorme quantité d’énergie négative dans cet espace. Recevoir ce don et cet enseignement merveilleux exige que je m’ abandonne. On pourrait dire que c’est une phrase du guru.
DERNIERE PENSEE
De cette semaine j’emporte avec moi, les aperçus des leçons reçues au cours des moments d’expansion de la conscience. J’ai décidé de mettre l’accent sur ceux-ci dans ce témoignage, car grâce à ce stage j’ai acquis rien de moins que plus de courage pour demander ce que je sais être juste, plus de constance et de plus de présence dans ma vie




